Ne pas être qu'un "patient" ...

Les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson

LE PARKINSONIEN INDEPENDANT
N°24 – mars 2006

Les symptômes non moteurs de la maladie de Parkinson

Conséquences au quotidien

La plupart des Parkinsoniens recevant un traitement par L-Dopa développent des complications
motrices (CM) qu’ils connaissent généralement bien et qui font l’objet d’une attention particulière de la part des neurologues. Il s’agit principalement : des akinésies de fin de dose, des dyskinésies des blocages et des phénomènes «On/Off».

    Complications motrices
    Complications
    motrices
    Nombre de patients
    concernés

    sur un groupe
    de 50

    Akinésies
    de fin de dose
    50
    Freezing 40
    Phénomène
    «On/Off»
    36
    Dyskinésies
    de milieu de dose
    34
    Dystonie
    en période «Off»
    31
    Absence
    de réponse «On»
    29
    Dyskinésies
    diphasiques
    22

Les complications non motrices (CNM) sont beaucoup moins reconnues car le patient ne les relie pas aussi facilement que les symptômes moteurs à sa maladie de Parkinson ou à son traitement et les médecins interrogent beaucoup moins les patients sur ces aspects non moteurs. En fait, les spécialistes, à l’hôpital ou en consultation, se focalisent souvent sur les symptômes moteurs et leur traitement. Les études montrent d’ailleurs que les CNM (complications non motrices) de la maladie de Parkinson sont plus susceptibles d’être reconnues au niveau des soins de première ligne c’est à dire par les médecins de famille. Les malades et les généralistes devraient donc être mieux informés sur ces CNM pour mieux les reconnaître et voir avec le neurologue comment y remédier. Tel est le but de cette mise au point.

La fréquence de ces CNM est élevée et à titre d’exemple on soulignera que l’étude de Witjas et coll. (2002) montre que 100% des patients interrogés avaient au moins un type de CNM, c’est dire l’importance du problème pourtant sous estimé.

      Les CNM peuvent être classés en 3 catégories :

    • Dysautonomiques (neurovégétatifs)
    • Mentales (cognitives/psychiatriques)
    • Sensorielles/douleurs

    Comme on peut le lire, les manifestations et fluctuations dysautonomiques les plus fréquentes sont une transpiration excessive (64%), des bouffées de rougeur faciale (44%), de la sécheresse de la bouche (44%), de la dyspnée (difficultés respiratoires), de la dysphagie (difficultés pour avaler), et de la constipation (40%).

    Les manifestations psychiques les plus fréquentes sont l’anxiété (66%), la fatigue (56%), l’irritabilité (52%), les hallucinations (49%), cependant qu’un ralentissement de la pensée (58%) est la manifestation cognitive (intellectuelle) la plus souvent décrite.

    En ce qui concerne les manifestations sensitives, les plus fréquentes sont l’akathisie (besoin de bouger, de déambuler) (54%), des sensations de tiraillement (42%) et des sensations de picotement (38%).

    Ainsi, l’anxiété est la CNM la plus souvent rapportée et elle est associée préférentiellement à l’état «Off» c’est à dire de blocage. Comme beaucoup l’ont noté, l’anxiété et les fluctuations de l’humeur (tristesse, sentiment de lassitude, dépression) peuvent être plus invalidantes que les manifestations motrices de la phase «Off».

    Les deuxièmes CNM les plus importantes sont les transpirations profuses, c’est à dire qui trempent littéralement les vêtements. Là encore, elles surviennent souvent dans les épisodes «Off» mais aussi dans les phases dyskinétiques.

    C’est également en phase «Off» que le patient se plaint de complications cognitives, c’est à dire intellectuelles.

    La fatigue est également reliée à la phase «Off» et entraîne un lourd handicap.

    On retiendra que les manifestations sensitives sont rapportées comme les plus invalidantes.

    Les CNM sont en général reliées aux complications motrices (CM) et les deux sont corrélés à la sévérité de la maladie. Les deux types de complications surviennent donc plus volontiers chez les patients ayant déjà une maladie de Parkinson évoluée. Le fait que les CNM soient reliées aux CM et qu’elles répondent généralement bien aux traitements dopaminergiques, suggère que le système dopaminergique peut également être impliqué, comme dans les complications motrices, dans la physiopathologie des complications non motrices. On sait également que le système dopaminergique module d’autres systèmes tel que le système sérotoninergique dont le dysfonctionnement pourrait être responsable des fluctuations d’humeur
    et le système adrénergique dont la perturbation pourrait être responsable des fluctuations dysautonomiques.

    Les CNM ne sont pas bien reconnues ni du malade ni du corps médical, elles sont cependant, aux dires des patients, bien plus invalidantes que les complications motrices. Il y a donc un besoin pressant qu’elles soient mieux connues et reconnues par l’ensemble des intervenants : malade, entourage familial, personnel médical et paramédical… En effet, la non reconnaissance des CNM est un facteur d’impact négatif très important sur la qualité de vie des malades et de l’entourage.

    Certains symptômes comme les hallucinations, les troubles du comportement… peuvent conduire à une institutionnalisation du malade en maison de repos qui pourrait être évitée si la CNM était reconnue comme telle.

    D’autres symptômes comme les difficultés respiratoires, gastro-intestinales ou des douleurs dans la poitrine peuvent conduire à des errances diagnostiques et faire adresser le malade dans des services d’urgence dans la crainte d’une maladie aiguë, cardio-pulmonaire ou abdominale. Des investigations et des traitements inutiles risquent ainsi d’être mis en œuvre alors qu’une simple reconnaissance de la problématique permettrait de la résoudre soit en modifiant les conditions de prescription de la L-Dopa ou par des injections sous cutanées d’apomorphine.

    Cette non reconnaissance des CNM a donc, au final, un coût important à la fois pour la qualité de vie du patient mais également pour les finances de la famille ou de la sécurité sociale.

    «Aide toi et le corps médical t’aidera»

    Le malade au fait de l’existence de ces complications non motrices et de leur relation avec la maladie et/ou le traitement prescrit doit en faire part à son médecin généraliste ou à son neurologue. Le questionnaire proposé par Chaudhuri et coll. (2005) est joint à cet article(*), il est rempli par le malade seul ou aidé par l’entourage ou le médecin traitant, il est ensuite soumis pour évaluation au neurologue qui proposera des mesures correctrices.

    Références :

    • Chaudhuri KR, Yates L, Martibez-Martin P. The non motor symptom complex of Parkinson’s disease: a comprehensive assessment is essential. Mov Disord 2005 ; 5:275-83
    • Witjas T, Kaplan E, Azulay JP, Blin O, Ceccaldi M, Pouget J, Poncet M, Ali Chérif A. Non motor fluctuations in Parkinson’s disease. Frequent and disabling. Neurology 2002 ; 59:408-13

    Source :

    «Parkinson magazine», le journal de l’association Parkinson belge (APk).

    D’après un article du Dr M. Gonce – Service universitaire de neurologie - CHR de la Citadelle (Liège) et Service de Neurologie Réparatrice Clinique Le Péri (Liège)

    (*)Ne pouvant être édité faute de place, le questionnaire sera adressé sur demande des intéressés.

    9 Commentaires »

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    1. Voudriez-vous m’adresser le questionnaire proposé par chaudhuri et coll. cité ci-dessus.Avec mes remerciements anticipés.

      Commentaire par Sooky Maniquant — 15 juillet 2006 #

    2. Voudriez-vous m’adresser le questionnaire proposé par chaudhuri et coll. cité ci-dessus.Avec mes remerciements anticipés.

      Commentaire par Sooky Maniquant — 15 juillet 2006 #

    3. Voudriez-vous m’adresser le questionnaire proposé par chaudhuri et coll. cité ci-dessus.Avec mes remerciements anticipés.

      Commentaire par levy — 17 juillet 2006 #

    4. Veuillez m’adresser le questionnaire proposé par CHAUDHURI ET COLL; avec mes remerciements anticipés.

      Commentaire par COLLIN SUZANNE — 4 août 2006 #

    5. j’ai retrouvé tous les symptômes décrits dans les CNM et dont souffre mon mari.
      En effet, son traitement se compose de dopamine et de Contam qui prolonge l’effet de la dopamine.
      Ce traitement prescrit pour 6 mois n’a rien arrangé, bien au contraire.
      Mon mari est suivi par un Professeur de la Timone à Marseille, Professeur qu’on ne peut guère déranger. Que faire ?

      Commentaire par Vidaud — 15 août 2006 #

    6. dans mon précédent message, j’ai omis de vous demander de bien vouloir m’adresser le questionnaire proposé par Chaudhuri et Coll. cité ci-dessus. Merci de votre obligeance

      Commentaire par Vidaud — 15 août 2006 #

    7. voudriez vous m’adresser le questionnaire proposé par chaudhuri et coll cité ci dessus.avec mes remerciements anticipés.

      Commentaire par robin — 24 août 2006 #

    8. ARticle intéressant. Je viens de produire un vidéo sous support DVD qui présente un témoignage principalement sur les symptômes non-moteurs de la maladie de Parkinson et sur la notion de projet personnel pour mieux vivre avec la maladie de Parkinson. votre article confirme à nouveau ce que j’ai eu tant de difficulté à faire comprendre. Merci . J’aimerais bien que vous m’adressiez le questionnaire . Le DVD “Comme un oiseau” est disponible à la SOciété Parkinson RÉgion de Québec. http://www.sprq.ca, courriel information@sprq.ca Je vous remercie
      Lucille RObitaille, Québec, Canada

      Commentaire par Lucille Robitaille — 12 novembre 2006 #

    9. Voudriez-vous m’adresser le questionnaire proposé par chaudhuri et coll. cité ci-dessus.Avec mes remerciements anticipés

      Yves Mellet

      Commentaire par Yves Mellet — 20 janvier 2007 #

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